02/04/2022

"50 poèmes pour la Neige" – Avril 2022


Cette année, notre festival «50 poèmes pour la neige » a rejoint le collectif du « Printemps des poètes » de l'Isle-Jourdain qui nous a ouvert le musée Campanaire, sur la place de l’Hôtel de Ville, pour y réaliser notre rendez-vous de la poésie qui a eu lieu le samedi 2 avril après-midi avec quelques  flocons qui ont cette année exceptionnellement accepté notre invitation.

Merci au collectif, en la personne de Gauthier Drouin, et à la mairie de L’Isle-Jourdain pour leur accueil et leur gentillesse.

Imaginé à l’initiative de Jack Lang et créé à Paris du 21 au 28 mars 1999, le « Printemps des poètes » est vite devenu une manifestation d’ampleur nationale, une fête de la poésie dont le but est d’en favoriser la diffusion auprès du public . Cette année le thème choisi était « l’éphémère ».

Il était donc parfaitement normal que notre initiative conviviale et désintéressée rejoigne cet élan poétique, quoi de plus éphémère bien évidemment qu’un flocon de neige quand le printemps s’annonce.   

1.




Depuis l’origine, notre ami Claude Barrère nous a accompagnés avec son amitié et sa culture, son décès brutal l’an dernier nous a laissé un grand vide ; heureusement il nous reste ses gravures et ses textes qui méritent d’être lus et mieux connus.

C’est donc en hommage à Claude que nous avons présenté le livre Intérieur Neiges co-réalisé par Antoine Voisin et Claude Barrère et édité par les éditions "Réciproques". Merci à Antoine et à Geneviève André-Acquier d’avoir évoqué la présence de Claude dans la réalisation de ce beau livre d’artiste qui a été son dernier coup de plume.

Je retiendrai pour ma part cette citation : « Sans la neige nous n’aurions d’autre choix que le noir. »
 
 2. 
 
Dédié cette année à Fernando Pessoa, c’est avec plaisir que nous avons découvert (ou mieux connu pour certains) l’immense et labyrinthique œuvre du poète portugais. Merci à Jean-Yves et à Svante pour la lecture de quelques pages qui nous ont ouvert avec délice ses multiples horizons poétiques.

Extraits du Le gardeur de troupeau et autres poèmes d’Alberto Caeiro.

Extraits du Livre de l’Intranquillité.

De cette œuvre, je garderai cette belle formule de son hétéronyme Alvaro de Campos tiré du poème « Bureau de Tabac » : « Je ne suis rien. Jamais je ne serai rien. Je ne puis vouloir être rien. Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde. »
 

  3.

    Un coup de cœur également pour les recueils de poésie des éditions N&B :

J'adhère à la brique de Svante Svahnström poète franco-suédois, devenu occitan en adhérant à notre pays de cocagne , mais dont la poétique est universelle. Une lecture en duo à la découverte de cette approche originale et humoristique de la France, de l’infiniment grand jusqu’aux plus petits de ses habitants… 

Notes pour un fantôme suivi de Hétéroclites de Raymond Farina, modestie du propos et humour raffiné que l’on retrouve dans cet extrait : « À celles qu’a laissées l’Histoire j’avoue préférer d’autres traces, celle de mes oiseaux d’enfance. »  
 
 
  4.  

Micro ouvert à ceux qui, parmi nos amis ou au sein du public présent sur place, ont bien voulu nous faire partager un texte, une annonce ou une émotion.

La richesse des différentes interventions reflète bien la vigueur du label de « Ville en poésie » attribué à L’Isle-Jourdain. Un grand moment et un grand merci à la chorale de chants polyphoniques en plusieurs langues qui nous a enchantés avec son récital et a confirmé notre volonté de créer une « Europe de la poésie ».     

Merci également à notre ami Dominique pour ses quelques chansons inspirées par la neige qui ont si bien mis un point d’orgue à notre rencontre poétique avant un buffet gentiment organisé pour nous réchauffer de la rigueur d’un hiver tardif mais bien présent.

Il restera de cette belle après-midi quelques feuilles sur l’arbre à poésie que l’autan dans sa fureur a dû disséminer comme des fruits déhiscents.

Les livres dont des extraits ont été lus au cours de la rencontre sont encore disponibles à la librairie Effets de Pages qui nous a accompagnés pour cette rencontre et que je remercie au passage. 
 
Patrick  Zemlianoy