01/12/2017

Squelettes & Têtes de mort dans l’art et le quotidien

Le triomphe de la mort ou Cliquetis d’os et tête de mort
Représentations, Vanités en peinture et littérature

Maryse et Cathy ont cette passion commune pour les têtes de mort et squelettes et elles ont choisi de traiter ce sujet de façon plutôt ludique, aidées par Patrick pour les recherches et le diaporama, et accompagnées par Claude qui nous a lu quelques poèmes de circonstance.

1. Des représentations multiples dans notre quotidien

Les symboles de la mort sont omniprésents. Dessiner des squelettes et porter des têtes de mort est un moyen de faire peur aux revenants et donc de conjurer la mort ! 

Halloween est au départ une fête celtique d'origine irlandaise : le nouvel an Celtique. Il y a environ 3000 ans, le calendrier celte se terminait le 31 octobre et cette dernière nuit de l'année était la nuit du dieu de la mort. En octobre, les nuits rallongent et la légende raconte que les fantômes en profitaient pour rendre visite aux vivants.
Les celtes avaient quelques rituels dont celui de s'habiller avec des costumes terrifiants pour faire peur aux fantômes. De nos jours, ce sont les enfants déguisés qui vont de portes en portes pour réclamer des friandises. Ils crient « Trick or treat » (un mauvais tour ou des bonbons !)

Le squelette désarticulé

Je suis un squelette bien embarrassé. 
L’autre jour, je descendais l’escalier, 
Tout en jouant aux osselets, 
Quand patatras ! Je rate une marche 
Et je me retrouve tout en bas 
Dans un piteux état : 
Le crâne à l’envers, 
Une côte fêlée, 
Le bassin de travers 
Et la jambe cassée. 
J’ai donc pris mon tibia sous le bras 
Et suis remonté à cloche-pied 
Me faire un bandage en sparadrap 
Pour me recoller. 
Si ça continue comme ça, avec tous ces bobos, 
Je ne vais pas faire de vieux os !

Claire Renaud et Marianne Duduy-Sauze
Mes comptines pour Halloween

Dans la mode, la tête de mort est devenue glamour et tendance. On associe souvent le dessin de tête de mort aux tendances gothiques.Ce nouveau goût pour la tête de mort touche d'abord les jeunes, mais les grandes marques de prêt à porter comme Dior et Diesel ont utilisé cette tendance pour atteindre un grand public en dédramatisant l'aspect morbide de ce symbole pour le transformer en motif tendance et fantaisie. Les grandes enseignes de prêt-à-porter ont suivi le pas en exploitant cette fascination schizophrénique d’une société habitée par la mort. Les fashionistas disposent d’une palette d’articles décorés par une tête de mort. Cette dernière est également disponible dans les boutiques de bijoux, luxe ou fantaisies (par exemple à Roland Garros avec le symbole de la société Hydrogen porté par le tennisman Simone Bolelli).
La symbolique du crâne est très présente dans les tatouages. Apprécié pour son côté effrayant, provocateur et rappelant le danger, le tatouage de tête de mort se décline sous divers styles et à différents emplacements sur le corps des sujets. Etre rebelle est devenu une tendance privilégiée par les jeunes en quête d’identité.

Figure emblématique de la musique rock, le crâne a été vu et revu par les rockers et tous les adeptes de cette musique gothique. Le crâne incarne le symbole par excellence de la rébellion face à la guerre et les problèmes sociaux. Enfin, il possède un côté provocateur et marginal étroitement lié à la doctrine de la musique rock. Tatoué sur le bras, il symbolise pour un motard hors la loi le désir de « tricher » autant que possible (c'est à dire à vivre pleinement jusqu'à ce que la mort vienne le trouver).

La tête de mort inspire la crainte :

Les pavillons des corsaires et des pirates étaient généralement réalisés sur le bateau par les matelots, à l’aide de bouts de voile. C’est pour cela que les symboles étaient assez simples : ils n’étaient pas cousus par des demoiselles aux doigts fins et agiles ! 

Différents motifs, avec chacun leur signification, étaient associés pour donner à chaque drapeau son identité. C’était comme une sorte de rébus : les os illustraient la mort, les sabres la force, le sablier le temps qui passe (surtout celui des victimes !) Il n’y avait plus qu’à mélanger !  Le but principal était évidement de « foutre la pétoche » à l’adversaire.
Une affiche pour inciter les mères
à faire vacciner leurs enfants 

Les produits toxiques : est-ce le produit ou la société qui le fabrique qui nous fait peur ?

Si pendant longtemps la tête de mort a été associée aux fans de musique rock, elle est devenue depuis quelques années un objet de décoration ou d’art présent même dans les maisons les plus classiques. Loin de sa mauvaise réputation, la tête de mort a repris enfin le prestige de ses représentations d’antan. C’est avec humour, horreur ou kitsch que le crâne est représenté et prend une place dans notre intérieur à travers les œuvres d’art mais aussi des objets déco souvent rigolos, ironiques. Le crâne (ou vanité) est présent partout, non pas pour nous rappeler notre mort inévitable mais plus pour s’en moquer. L’humour est notre arme contre la peur de mourir.


Bouton de porte
Et même la nature !
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2. Traditions et symboles autour du monde

Les différentes civilisations ont alors adopté le crâne pour représenter la mort ou le passage du monde réel au monde virtuel. Le choix de la tête est assez significatif dans la mesure où cette partie du corps humain est considérée comme le foyer de la conscience et le siège de l’âme.
Dans le Bouddhisme et l'Hindouisme, le crâne est présent dans l'art religieux. Le Seigneur bouddhiste de la mort, Yama, a cinq crânes autour de sa tête, symbolisant la victoire sur la haine, la cupidité, l'orgueil, l'envie et l'ignorance. Kali, la déesse hindoue de la mort porte un collier de crânes autour de son cou. Mais la spécificité de la tête de mort en tant que symbole religieux est associé surtout aux "Calaveras" et à la "Catrina" du Mexique.