13/01/2012

ALEXANDRE VIALATTE

Auteur de centaines de chroniques publiées dans La Montagne, Marie-Claire, Paris-Match et Le Spectacle du monde, Alexandre Vialatte fut plus qu'un journaliste régional. Il est le traducteur en France de Franz Kafka (Le Procès, 1933) et d'autres écrivains allemands. Il fut écrivain lui-même. Ses héros, comme « Battling le ténébreux » sont des adolescents qui n'arrivent jamais indemnes à l'âge adulte.

L'Auvergne :
En maintes occasions, il y revint « toucher terre », retrouver parents et amis, notamment Ambert et Henri Pourrat. Il a consacré à l'Auvergne et aux Auvergnats de nombreux textes. Il y célèbre avec humour les volcans, les lacs et l'eau en bouteille, les villes, les habitants, et il s'amuse : « L'Auvergne est un pays où l'argent coûte cher”, les Auvergnats ont « des chandails superposés, les uns marron et les autres aubergine. Pour le quinze août, ils en enlèvent un. A la Toussaint, ils en ajoutent deux. A la fin de leur vie, ils sont devenus pure laine ».


L'Allemagne :
Celle de la république de Weimar tout d’abord : Il a vécu plusieurs années en Rhénanie ou il a collaboré à une revue littéraire « La revue Rhénane ». Profondément germanophile à son arrivée il a vu monter l’orage et les ravages qui allaient s’en suivre. L'Allemagne de la captivité qui a engendré en lui de profonds désordres psychologiques.

L’amitié :
Alexandre Vialatte n’a pas fait carrière. Il s’est fait des amis, s’est acquit des complicités. Très fidèles. Durables et renouvelables. Au point d’être plus célèbre aujourd’hui que de son vivant. Henri Pourrat, Jean Paulhan. Le peintre Dubuffet, les dessinateurs Chaval et Copi et Ferny Besson qui a ranimé la flamme et permis qu’il ne reste pas pour la postérité « notoirement méconnu ».


Ecrire, toujours écrire, tel sera le sort de Vialatte qui, poussé par le désir ou la nécessité – il vécut de sa plume – va s’essayer à des genres multiples : lettres, poèmes, traductions, articles, nouvelles ou romans avant de s’adonner à la création exclusive des chroniques, qui, seule, lui assurera auprès du grand public une certaine pérennité littéraire donnant de son œuvre une vision réductrice. « Le talent est toujours d’actualité ».
Les textes d’Alexandre Vialatte sur Jaques Chardonne, Céline et Joseph Delteil lus par Jean-Claude démontre son talent et ses qualités dans l'exercice périlleux de la critique littéraire dans ses nombreuses chroniques à « La Montagne », au mensuel « Le Spectacle du Monde » ou à l'hebdomadaire « Paris-Match ».

« Modeste et sans vanité il ne voulait pas paraître bizarre, il l’était et il l’ignorait ».
Il cultivait le paradoxe. Tout en lui était un mélange improbable, un kaléidoscope de mots et d’idées juxtaposées. Tour à tour facétieux et dépressif jusque dans les titres de ses ouvrages : « La complainte des enfants frivoles » en est un exemple.

Son humour :
Les faux proverbes bantous, les bons mots, la dérision du catalogue de la manufacture (le fameux piège à tigre permettant sans effort d’attraper 22 tigres dans une même journée ou le casque colonial à circulation d’air…) cachent d’autres facettes. Le texte lu par Nicole : « Une vocation de gendre » nous a donné un autre éclairage de son talent. Se moquer du capitalisme triomphant dans la ville de Clermont Ferrand à la période de la grandeur de la dynastie Michelin n’était sans doute pas sans risques…
Pour conclure cette belle soirée nous avons tenté, pour nous rapprocher d’Alexandre Vialatte, l’improbable mariage d’une fourme d’Ambert avec du vin de l’« Atlas »…
Et c’est ainsi qu’Allah fût grand…

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